Maëliss Trapeau a vécu une transformation administrative et sportive majeure durant l’été 2025, passant de la nationalité sportive française à la représentation canadienne en seulement huit heures. Cette spécialiste du demi-fond, qui possédait déjà la double nationalité depuis 2015, a finalement franchi le pas le 26 juin, motivée par son attachement profond au Canada où ses parents ont émigré en 2005. La décision, qu’elle qualifie elle-même d’impulsive, s’est concrétisée juste avant les championnats nationaux, alors qu’elle devait choisir entre défendre les couleurs tricolores ou l’uniforme à la feuille d’érable. Son choix s’est rapidement avéré payant : troisième de sa série aux Mondiaux de Tokyo avec un temps de 2’00 »38, elle a décroché sa qualification pour les demi-finales du 800 mètres, une étape majeure dans sa carrière internationale.
Table of Contents
ToggleUne décision motivée par un parcours personnel et familial complexe
Le changement de représentation nationale de Trapeau découle d’un contexte familial particulier. Ses parents, tous deux professeurs, se sont installés au Canada il y a vingt ans, emmenant avec eux leur fille qui a grandi entre deux cultures. Bien qu’elle soit revenue en France en 2020 pour optimiser ses entraînements et occuper un poste d’enseignante en sciences au lycée de Martigues, son projet de retour définitif au Canada était déjà en gestation.
Plusieurs éléments ont convergé vers cette transition :
- Un attachement affectif profond aux deux nations, rendant le choix particulièrement déchirant
- L’absence de sélection en équipe de France senior depuis les Mondiaux juniors de Tampere en 2018
- Des contacts préalables avec la Fédération canadienne dès 2022
- Un projet de réinstallation professionnelle et personnelle sans compter-Atlantique
Trapeau a expliqué vivre une réalité complexe liée à sa double identité : au Canada, elle est perçue comme la Française, tandis qu’en France, elle est considérée comme la Canadienne. Cette situation ambivalente a finalement trouvé sa résolution dans un choix qu’elle assume pleinement, se déclarant fière d’être franco-canadienne.
Un parcours administratif accéléré et des performances prometteuses
Le processus de changement de nationalité sportive s’est déroulé dans un contexte de stress intense. Légèrement blessée, Trapeau a dû finaliser l’ensemble des démarches administratives en un temps record, incluant le test de féminité imposé par World Athletics. Le 13 août, la validation officielle est tombée, lui permettant de concourir sous les couleurs canadiennes aux championnats du monde.
| Étape du parcours | Année | Performance |
|---|---|---|
| Championne de France Juniors | 2018 | 800 m |
| Championne de France Espoirs | 2021 | 800 m |
| Record personnel | 2025 | 1’59 »09 |
| Championne canadienne | 2025 | 800 m |
Un avantage majeur a facilité sa transition : n’ayant jamais couru en seniors pour la France, elle n’était pas soumise aux trois années d’interdiction habituellement imposées par World Athletics lors d’un changement de nationalité sportive. Cette particularité réglementaire lui a permis de représenter immédiatement le Canada aux compétitions internationales, comme elle l’a démontré lors de sa qualification historique pour les demi-finales des Mondiaux de Tokyo, où elle a découvert les journalistes canadiens venus la soutenir en zone mixte.
